Kelleher est-il ?

A quelques heures d'une énorme affiche, opposant le Stade Toulousain à l'USAP, nous avons été reçus par l'ancien demi de mêlée des All Blacks, dans son magnifique appartement situé dans le quartier Saint Michel et surplombant la Garonne.
Midi Olympique : Byron, vous êtes actuellement premiers du Top 14 avec cinq victoires en autant de rencontres, meilleure attaque, meilleure défense, le plus bel appartement de Toulouse et de sa périphérie... que demander de plus ?
Byron Kelleher : J'avoue que Guy (
Novès Ndlr) a raté sa vocation il aurait dû faire agent immobilier. (
rires) C'est lui qui m'a indiqué ce coin et c'est super sympa. Les gens sont adorables avec moi. Toulouse est une ville qui respire le rugby et je suis très heureux de porter ce maillot mtyhique. Après sur le plan du jeu, on fait un bon début de saison, le groupe des 30 est très homogène et la concurrence est saine.
MO : Quel est le secret justement d'une telle réussite avec notamment un succès à Clermont et face à Biarritz, deux autres prétendants au Brennus ?
BK : Il n'y a pas de secret ! comme je viens de vous le dire, on bosse comme des marteaux à l'entraînement pour gagner notre place le samedi... avec Jean-Ba on est sans cesse en train de se tirer la bourre, chacun aidant l'autre à progresser... l'émulation est saine et fait avancer le groupe qui a un objectif commun : Gagner !
MO : Sur le plan personnel, on sait que vous avez eu un peu de mal à vous adapter à votre nouvelle vie lors de votre arrivée à Toulouse... un an plus tard, comment ça se passe ?
BK : Les trois premiers mois ont été très durs. J'étais seul, sans ma famille, sans mes amis, dans une ville inconnue, avec des gens qui vivent différemment de chez moi. Ce fut très dur, parfois même déprimant. Après cette période, j'ai décidé de me prendre en main et de faire des efforts pour m'intégrer à la vie locale, à la communauté, après m'être intégré à l'équipe. Après avoir compris l'histoire de ce club et de cette ville, j'ai décidé de mettre à chaque fois mon coeur sur la pelouse. La manière avec laquelle j'avais défendu le maillot des All Blacks, c'est la manière avec laquelle je défendrai celui de Toulouse.
MO : Votre première saison a été une sacrée réussite personnelle...
BK : Je crois que j'ai déjà marqué l'histoire. J'ai gagné le Bouclier de Brennus, et j'ai été élu meilleur joueur de la saison, ce qui est vraiment énorme. C'est plutôt une bonne année (
rires). Je crois que mon objectif était surtout de rendre heureuses les personnes qui m'ont accueilli chaleureusement ici. Les gens sont heureux lorsque leur équipe produit du jeu et gagne. Ce que nous avons bien fait l'an dernier.
MO : Un mot sur Richie McCaw qui vous a rejoint cette saison ?
BK : Déjà ça fait du bien de voir quelqu'un du pays (
rires) et ensuite Richie souhaitait aussi tenter l'expérience en France. Je lui ai tout de suite parlé de Toulouse, de sa culture rugby, de son public, de sa ville... depuis qu'il avait annoncé son arrivée, il était très attendu, la pression était énorme mais il s'est vite intégré et il est déjà un leader pour toute l'équipe. C'est un joueur de très grand talent.
MO : La réception de Perpignan intervient alors que vous êtes invaincus...
BK : (
Il coupe) mais avec seulement trois points d'avance sur les catalans...
MO : Comment allez-vous aborder cette affiche ?
BK : Ce sera un match difficile. On sait qu'ils possèdent le meilleur joueur du monde et un gros pack... On s'attend à un gros combat, mais à domicile nous n'avons pas le droit à l'erreur. L'USAP est un concurrent très sérieux pour le Brennus et il faudra montrer que nous sommes déjà prêts à rivaliser avec eux !
MO : Le maillot Black ne vous manque-t-il pas ?
BK : Non. Je crois que j'ai fait tout ce que j'ai pu pour ce maillot pendant dix ans, maintenant je suis passé à autre chose. Ce qui me manque sans doute, c'est de faire le haka, c'est pour ça que je l'ai fait sur le bus pour fêter le Bouclier de Brennus (
rires).