Orelsan - Sniper, NTM, Ministère A.M.E.R... : même combat ?Ca faisait longtemps ! Six ans exactement. Six ans sans interdiction ultra-médiatique de concerts de rap, sans grosse polémique autour des textes rappologiques. Aujourd'hui, la polémique autour du Sale Pute d'Orelsan et surtout les conséquences de ce gros barouf valent qu'on s'y penche plus sérieusement !
Petit rappel des faits. Fin Mars, certains politiques tombent nez à souris sur le clip de Sale Pute d'Orelsan sur le net. Avec quelques années de retard, ils s'en offusquent, Valérie Létard, secrétaire d'état à la solidarité, veut faire retirer cette vidéo de la toile pour cause de texte « effrayant ». Sur les blogs, on demande une inculpation pour « trouble à l'ordre public et incitation au meurtre. » La maison de disque rappelle que le dit-titre date, qu'il ne figure pas dans l'album de l'artiste et que « cette oeuvre de fiction a été créée dans des conditions très spécifiques relatives à une rupture sentimentale. Comme Orelsan le stipule dans l'introduction de sa chanson, ce texte met en scène un jeune homme qui, apprenant que sa petite amie l'a trompé, décide de noyer son chagrin et sa colère dans l'alcool. Sous influence, il se met alors derrière son ordinateur et écrit cette lettre en forme d'exutoire de la passion qui le dévore. [...] Comme toute création artistique, aussi violente soit-elle, cette narration ne peut et ne doit pas être sortie de son contexte. » Le feu ne s'éteint pas, bien au contraire, puisque début avril, le président du Conseil régional du Centre menace de réduire les subventions allouées au Printemps de Bourges si la direction du festival ne déprogramme pas le jeune MC Cannais. L'équipe du Printemps ne cède pas et maintient le rappeur, refusant d' être « complice d'un véritable tribunal populaire qui tente de se substituer à la justice dans un Etat de droit. »
Cette affaire en rappelle d'autres, toute aussi malheureuses. Celles d'une époque où le rap faisait peur. Après un concert à Seyne-sur-mer en 1996, le groupe NTM est condamné à 6 mois de prison avec sursis accompagné d'une interdiction de chanter pour propos outrageants envers les forces de l'ordre (interdiction annulée en appel). En 1997, Kenzy, au nom du groupe Ministère A.M.E.R., doit payer 250 000 francs d'amende suite à des plaintes autour du titre Sacrifice de poulet. En 2003, Nicolas Sarkozy, ministre de l'intérieur, annonce qu'il va porter plainte contre le groupe Sniper pour des textes jugés « antisémites, racistes et injurieux » (les rappeurs sont relaxés en 2005). S'en suit une vague d'annulations de concerts, orchestrée et assumée par le Bloc Identitaire, mouvement politique identitaire français, resucée d'unité Radicale, le groupe dont se revendiquait Maxime Brunerie, « sniper » de Jacque Chirac. Interrogé par mes soins pour le magazine Radikal en 2004, Fabrice Robert, cadre actif du Bloc, expliquait : « ce qui m'insupporte le plus, c'est qu'ils passent à la télé et s'en mettent plein les poches en crachant sur un pays qui les a accueillis. »
Avec Orelsan, bien sûr, il ne s'agit pas du même racisme. Mais certainement de la même incompréhension. De celle qui fait que les textes des rappeurs sont pris au premier degré et ne sont toujours pas considérés, à tort, ni comme de l'art ni comme des œuvres de fiction. La même violence des mots dans un film, un livre, une peinture, ne serait-elle pas mieux acceptée ? En prise directe avec la réalité, le rap aurait-il moins le droit que les autres expressions artistiques et au second degré ? Et pour revenir au cas d'Orelsan, si l'on donnait un stylo à toute personne virée, larguée, volée ou tout simplement énervée, cela donnerait très certainement un texte très similaire à ce Sale Pute... Ici, l'artiste a décidé de le diffuser. OK ! Mais personne n'oblige personne à l'écouter ni à venir à ses concerts, non ? Et un petit coup de gueule pour la liberté d'expression, un !
http://new.fr.music.yahoo.com/blogs/adelin...mermme-combat-/Putin non mais serieux c'est parce que les rappeurs sont forcement des violents pour l'état ....
Sardoue chante la gloire à la peine de mort et il a rien alors que c'est vraiment le fond de sa pensée là un rappeur raconte une FICTION et boom censuré ..... Serieux on va interdire les films de Tarantino car il y a ds morts et de la torture ou quoi ?
Bravo au festival qui a meintenu Orelsan